« Pèlerins de l’espérance » – Une année de grâce dans le diocèse de Montpellier
L’année jubilaire 2025, placée sous le thème « Pèlerins de l’espérance », s’achève après avoir profondément marqué la vie spirituelle de notre diocèse. À l’appel du diocèse de Montpellier, les fidèles ont été invités à se mettre en marche, à prier, à célébrer et à redécouvrir la richesse de nos sanctuaires locaux comme autant d’étapes sur un chemin d’espérance.
Une ouverture solennelle et un élan diocésain
Le 5 janvier 2025, l’année jubilaire a été ouverte solennellement dans les cinq cathédrales du diocèse – Montpellier, Agde, Béziers, Lodève et Saint-Pons-de-Thomières – par des messes et processions qui ont donné le ton : une Église en marche, enracinée dans sa tradition et tournée vers l’avenir.
Tout au long de l’année, de nombreux fidèles ont répondu à l’invitation à vivre ce jubilé localement, à travers des pèlerinages vers les sanctuaires de l’Hérault, lieux de prière, de silence et de confiance renouvelée.
Des sanctuaires, témoins d’une espérance vivante
Chaque sanctuaire a été l’occasion de contempler la foi transmise au fil des siècles et vécue aujourd’hui :
Église de la Madeleine (Béziers)
Lieu emblématique de la ville, elle a accueilli les pèlerins de notre paroisse dans une atmosphère de recueillement et de fidélité à l’Évangile. Ce sanctuaire roman du XIe siècle fut un refuge tragique lors du sac de Béziers en 1209 par les croisés albigeois, où des centaines de fidèles périrent en priant. Restaurée en 1999 pour retrouver sa simplicité originelle, elle invite aujourd’hui à méditer sur le martyre et la résilience de la foi face à la violence humaine. Un lieu pour confier ses propres épreuves à la Divine Miséricorde, en écho aux stigmates encore visibles de l’incendie.
Basilique Notre-Dame du Spasme (La Livinière)
Haut lieu spirituel, elle porte les intentions des pèlerins venus confier leurs joies et leurs épreuves. Elevé en basilique en 1959, ce sanctuaire médite le spasme douloureux de Marie au pied de la Croix, près de la rivière d’Ognon et transforme la peine en offrande rédemptrice.
Chapelle Notre-Dame de Nize (Lunas)
Nichée dans la nature, elle a offert un cadre propice à la prière silencieuse et à la confiance filiale envers Marie. Sur un site pré-roman mentionné dès 1136, avec une source des « yeux » pour les guérisons, cette chapelle fut prieuré paroissial jusqu’à la Révolution, abritant ermites et pèlerinages. Symbole d’un culte ancien perpétué sous Marie, elle appelle à une dévotion simple pour la vue du cœur autant que du corps.
Chapelle Notre-Dame de Parlatges (Hameau de Parlatges, Saint-Pierre-de-la-Fage)
Mentionnée en 1162 comme fortifiée, avec un retable XIVe du Christ et de la Vierge, ce site caussenard fut lié à un pèlerinage pour la guérison de la parole (parlatge en occitan). Lieu de langue et de louange retrouvée, il évoque Marie comme intercesseuse pour exprimer sa foi. Sa pierre austère invite à une prière muette qui se fait chant communautaire.
Notre-Dame du Dimanche (Saint-Bauzille-de-la-Sylve)
Un sanctuaire profondément enraciné dans la vie locale, lieu de rassemblement et de fidélité dominicale. Invocation née d’apparitions en 1873 à Auguste Arnaud, où Marie apparut en habits dorés, ce sanctuaire célèbre la Vierge du repos dominical et de la joie familiale. Il rappelle que le dimanche est don de Dieu pour la prière et la famille.
Sanctuaire Notre-Dame de La Salette (Sète)
Face à la mer, ce sanctuaire rappelle la dimension universelle de l’espérance chrétienne et l’appel à la conversion.
Perché sur le mont Saint-Clair, ce sanctuaire du XIXe siècle commémore l’apparition de 1846 aux bergers Maximin et Mélanie, avec son message de conversion et une source miraculeuse de guérisons immédiates. Géré par les Pères de La Salette depuis 1898, il attire les pèlerins maritimes pour des ex-votos de gratitude, reliant ciel et mer.
Sanctuaire Notre-Dame de Sanctuaire Notre-Dame du Suc (Brissac)
Dominant le paysage, il rappelle que l’espérance chrétienne élève le regard et ouvre le cœur. Au VIIIe siècle, un bouvier trouva la statue de Marie sur un dolmen du Suc (église 1860).
Église Notre-Dame du Lac (Lunel)
Ancienne église du XVIIe avec clocher sur tour du VIe siècle, ornée d’une rosace Vierge-en-barque et grotte de Lourdes, elle survécut aux guerres de religion comme phare de foi. Symbole de Marie traversant les tempêtes de la vie, elle abrite des plaques œcuméniques pour l’unité des chrétiens.
Une année qui se clôt, une espérance qui demeure.
La clôture de l’année jubilaire ne marque pas une fin, mais un envoi. Les pas accomplis, les prières partagées et les rencontres vécues nous appellent à poursuivre, au quotidien, ce chemin d’espérance.
Que ce jubilé continue de porter du fruit dans nos paroisses, nos familles et nos engagements, afin que chacun devienne, là où il vit, témoin de l’espérance qui ne déçoit pas.
















